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Léandre, l’enfant sans-papiers
Article publié le 27/01/2012: L’adoption du petit Haïtien Léandre par un couple d’Aubéousiens, en décembre 2010, n’est toujours pas reconnue par les autorités françaises.Léandre a 3 ans et demi. Il somnole sur le canapé devant le film d’animation Madagascar. Il saisit un de ses jouets. Avant de venir serrer la main de son « papa » et de déposer un baiser tendre sur la joue de sa « maman ». Il a ses copains de classe, son meilleur ami pas loin (le fils du boulanger) et même, paraît-il, deux de ses amoureuses qui rôdent dans les parages. Léandre est chez lui à Auboué, dans un domicile familial douillet et aimant. Oui, mais non : « Au regard du droit, actuellement, il est hébergé chez nous. On est en quelque sorte une famille d’accueil, rien de plus », lance, le regard noir, François Mougeot. De la fatigue se lit sur son visage. De la lassitude se devine chez son épouse, Béatrice.
Depuis deux ans, ce couple a tout vécu, a tout enduré pour parvenir à adopter le petit bout de chou. D’abord, la quête de l’agrément, « prouvant que nous pouvions adopter un enfant ». Ensuite, après avoir lancé la procédure d’adoption en Haïti, la terre s’est dérobée sous leur projet : un séisme meurtrier a laissé Léandre sans toit. Puis une longue, très longue attente, près de onze mois, avant que l’administration haïtienne ne reconnaisse l’adoption du bambin. Enfin, la délivrance, en décembre 2010, lorsque l’avion a décollé de Port-au-Prince avec à son bord « notre fils ». Délivrance ? « C’est ce que nous pensions à l’époque. »
« Tout assumer »
Depuis plus d’un an, les époux Mougeot ont débuté un autre combat : « Faire reconnaître Léandre comme notre fils. Mais les autorités françaises, depuis une circulaire ministérielle, ne convertissent plus les adoptions simples en adoptions plénières des enfants d’Haïti. Tout ça parce que le droit haïtien ne connaît pas les adoptions plénières. »
Conséquences : légalement, Léandre n’a pas de papiers, il ne devrait pas être scolarisé, ni porter le nom de la famille. « Mais heureusement, comme nous sommes dans une petite ville, l’école l’a enregistré. Pareil pour les soins médicaux : nous sommes tombés sur des gens conciliants donc il est inscrit sur ma Carte Vitale et il est couvert par ma mutuelle », précise le père.
La situation est inconfortable, « aujourd’hui, nous en avons marre. En mars, nous avons rendez-vous au TGI de Nancy. On nous accordera certainement une adoption simple mais nous n’en voulons pas. Avec ce dispositif, on pourrait révoquer notre fils par un simple courrier. Non, je veux une plénière, je veux tout assumer, je veux que ça soit mon fils au même titre qu’un enfant biologique ». Léandre a 3 ans et demi, parle parfaitement le français et demande depuis un mois, « trois ou quatre fois par nuit, si on l’aime ».
Jean-Michel CAVALLI.
Sources de l'article: http://www.republicain-lorrain.fr




